Le Premier Livre. Le Livre des Livres - la Bible.
Dans "Variations Sauvages", Hélène Grimaud écrit : "Je la lisais dans l'ordre et dans le désordre. J'ouvrais les pages au hasard. (...) Les mises à l'épreuve auxquelles Dieu soumettait son peuple comblaient mon mysticisme. Cette notion très orageuse de l'amour me ravissait. Je me régalais d'épisodes que je jugeais particulièrement osés et parfois, je m'étonnais qu'on laissât ce livre entre mes mains : des meurtres, des ruses, des infanticides, des incestes... C'était infiniment plus excitant que les niaiseries qu'on nous débitait pendant le catéchisme où je m'ennuyais copieusement."
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Hier, j'ai vu un documentaire qui m'a donné le même sentiment de malaise et de nausée que certains discours soi-disant "pacifistes" ; et en fait délibérément partisans (et souvent moralisateurs, avec ça...)
Le documentaire s'intitulait : "La Paix nom de D---" - titre que je ne goûtais déjà pas (comment s'adresser soi-disant "à tout le monde", quand le titre est lui-même une forme de provocation ?)
Une majorité de chrétiens (cathos je pense pour la plupart) embarquait une minorité de musulmans et de Juifs pour un voyage voulu "gage de pacifisme" en Israël et en Palestine. Ils se rendent tout d'abord dans les territoires palestiniens. Là, ils sont confrontés au désespoir, à la misère, à la violence crue qui ne trouve plus la moindre soupape. Un gosse de onze ans s'en prend au rabbin Haddad, qui fait partie du groupe. Il lui dit de partir. Lui dit qu'ici, on ne veut pas de Juifs. "Nous sommes chez nous". La haine de ce petit bonhomme me soulève le coeur plus que le feu roulé d'une Kalach. Tant de révolte, tant d'amertume, tant d'entêtement dans ses refus de laisser ne serait-ce qu'une place à l'autre - de l'écouter. Et quand on apprend que son grand frère est mort à 17 ans, tué par une balle de Tsahal qui lui est entrée dans le dos... le discours fanatique et buté s'éclaire d'une parcelle d'humanité : on comprend... Le rabbin, dépassé par cette haine, tient tout de même à bénir le gosse. Et l'image dit plus qu'un dialogue : tandis que la main du rabbin se pose sur la tignasse du gosse, le gosse adresse un signe muet au rabbin, à l'aide de ses deux mains et de sa petite bouille butée : et sans connaître ce signe, là aussi, on comprend : "Ferme-la, sale colon ! Casse-toi !"
La scène qui m'a mise le plus mal à l'aise, cependant, c'est quand le petit groupe se rend dans le QG de Yasser Arafat, qui leur a préparé un discours décousu, incompréhensible et truffé d'une floppée d'accusations jamais étayées de la moindre preuve... Parmi elles : Israël, soi-disant, "utiliserait contre les Palestiniens des armes à l'uranium appauvri, d'où un nombre augmenté de cancers chez les enfants"... Ensuite, il s'emballe contre les balles nichées dans une statue de la Vierge : "Notre Sainte Vierge !" hurle-t-il, en zieutant la réaction (qui ne se fait pas attendre) des chrétiens : tout le monde, dans l'assemblée, hoche gravement la tête et s'indigne... En revanche, quand un étudiant israélien réchappé d'un attentat, militant de gauche (et qui devrait être sympathique à l'ensemble du "petit groupe", donc...), plein d'humour, de recul et de modération, ose avancer que les médias français ont "souvent" plus à coeur la cause palestinienne que la sécurité des Israéliens... là, remous dans la salle et refus d'entendre la suite.
Les deux jeunes Juifs du groupe s'interrogent de plus en plus devant la caméra : ils ont l'impression, dans cette histoire, de devoir, seuls, "faire des efforts", "avancer vers l'autre", "comprendre"... de l'autre côté, ils se heurtent (et leur minorité se heurte) à une surdité générale.
Mais revenons au discours d'Arafat... Alors qu'il a fini et empoigne fermement les mains des chrétiens et des musulmans qui se trouvent autour de lui, on (qui est "on" ? je ne sais même pas : tout va si vite... et semble si bien prémédité) pousse le malheureux rabbin Haddad (qui s'était bien gardé d'applaudir au discours brouillon d'Arafat) vers le raïs, qui lui plaque sur la joue un énorme baiser qui ressemble, de loin, à une morsure. Le pauvre Philippe Haddad, pris en sandwich entre le keffieh de Yasser et les épaules d'un autre "piégé", est contraint de lever les mains avec les proches du raïs, comme s'ils fêtaient, ensemble, une victoire. Les gens claquent dans leurs mains, sourient, crient leur enthousiasme débordant... et le rabbin de Nîmes, lui, déjà pris au piège, devient rouge et se met à pleurer...
Tout le monde est dupe : il pleure de joie... De joie, vraiment ? Hum... j'en doute fort. Même si, pour le rabbin Haddad lui-même (qui, comme dit l'un des deux jeunes Juifs présents "mérite mieux qu'Arafat"), j'aimerais le croire. Il dira à la caméra, un peu après qu'il s'est "simplement remis à D-eu, lui offrant son geste en offrande". Or on ne remet que ce qui nous coûte... et je ne peux m'empêcher de croire que ce geste lui a coûté... sans doute, même, douloureusement.
Or, le lendemain, la presse palestinienne (qui était discrètement présente et ne s'encombre pas, elle, de scrupules) fait sa première page de la photo. Le titre est-il : "Un voyage pour la paix ?" ou bien "Un groupe de pacifiste rend une visite à Arafat ?" Non. Oh non. Le titre c'est : "Le raïs dénonce les méfaits de l'uranium qu'utilise l'armée israélienne contre les enfants palestiniens..." Ca s'appelle "détournement d'image". Et aussi : "manipulation".
Est-ce là la "paix" que recherchait ce voyage ?
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M. a passé la journée à l'hôpital, pour la pose de son port-à-cath.
J'ai repris mon roman (victoire !!!) et j'ai commencé parallèlement un autre récit, dur et violent - je n'ai aucun plaisir à l'écrire, mais il veut se vider, c'est comme ça. Je lui ai donné un titre (provisoire), mais son petit nom intime, celui dont je le gratifie, c'est "le furoncle", parce qu'il a besoin d'exploser et, ce faisant, ne me laisse pas le choix. Que faire, sinon, d'un bouton d'acné ?